Une petite robe de cotonnade bleue.

Une petite robe de cotonnade bleue.
Usée.
Mais on la porte tout le temps, tellement on l’aime.
Tellement elle nous va bien.
Elle accompagne nos mouvements.
Elle a essuyé nos larmes.
Et tressauté sous les fou-rires.

La plonger dans une bassine d’eau claire.
La frotter de savon.
La rincer plusieurs fois.
Ajouter une goutte d’essence de lavande.
La suspendre sur un fil, entre deux arbres.

La voilà raide, le tissu mouillé a perdu sa souplesse.
Elle pend piteusement sur son fil.
Et se gonfle soudain sous le vent ami.
En quelques heures, elle a retrouvé sa fluidité.
Elle attend, avec la patience infinie des choses, qu’on veuille bien la porter.

Elle sent bon le propre.
Le savon et la lavande.
Et ce parfum de liberté et d’herbes folles.
Elle danse à nouveau autour de nos genoux.
Glisse le long de l’épaule insolente.

Nous l’aimons.
Cette petite robe de cotonnade bleue.

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